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Exercice de neuroconnectique

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Neurofonction 3

Dès lors que je commence à être attentive à ce que mes yeux voient, ma conscience prend le pas sur une éventuelle attention sélective inconsciente. Ce constat est perturbant car – dans un premier temps – il ne me permet pas de conscientiser les processus inconscients qui se déroulent bien évidemment à mon insu. Je dis « dans un premier temps » parce que par la suite, j’apprends à relâcher mon attention pour me laisser aller à ce qui vient, essayer de capturer ce qui émerge finalement de l’inconscient ou ce qui me porte. Cela m’incite à entrer dans un état contemplatif qui centraliserait à priori l’information. Et c’est lorsque j’entre dans cet état que je m’aperçois que l’information captée par mes sens forme un tout que je n’arrive presque pas à démêler.

Par exemple, lorsque ma vue se porte sur le mouvement d’un rideau chahuté par le vent, je ressens impérativement le besoin d’en percevoir le souffle par le sens de l’ouïe et du toucher ; mon attention va donc se tourner vers ce que j’entends et vers ce qui parcourt ma peau, en même temps que vers ce que je vois… Par la suite, je vais automatiquement me concentrer sur le feuillage de ma terrasse. Il y a comme une réaction en chaîne qui fait sonner les harmoniques des sens et qui touche une corde sensible : la sensibilité révélée par les émotions qui font résonner des notions particulières sans doute à l’origine de la vision poétique.

Dans le même ordre d’idées, je remarque que les mots que j’emploie pour exprimer ce que je ressens forment un champ lexical tout à fait sonore : « souffle », « sonner », « harmoniques », « corde », « résonner »… Cela pourrait avoir un rapport avec le fait que l’organe interne de l’oreille sert aussi à l’équilibre du corps dans l’espace ; je veux dire par là que les tympans constitueraient un repère spatial pour les autres sens : un repère solide, un repère pour la vigilance par rapport à un danger potentiel. Mais cela pourrait aussi avoir un rapport avec ma sensibilité propre, c’est-à-dire ma subjectivité. En effet, j’aime beaucoup la musique et en ai pratiqué à l’âge de 12 ans ; j’ai aussi tendance à poétiser mes textes, et je suis souvent la première surprise de mes productions…

Quand je regarde autour de moi, c’est surtout moi que je regarde. Mes yeux se fixent généralement sur ce qui me préoccupe (en l’occurrence les voitures, parce que je n’ai pas le permis de conduire ; les enfants, parce qu’ils ne jugent pas les plus grands et parce qu’ils ont tout l’avenir devant eux), sinon sur ce qui reflète mon état intérieur (en l’occurrence le sol, quand je me sens abattue, quand je rumine ou quand je songe à quelque chose), sinon encore sur ce qui m’évoque un nouveau souffle de vie (comme les arbres tourmentés sur un ciel bleu ; les couleurs froides, rafraîchissantes).

J’ai bien l’impression que mes yeux ne sont pas dissociés de mon intériorité ; qu’ils ne se portent pas sur les éléments de manière indifférente, mais que bien au contraire ils se dirigent vers ce qui me tourmente ou m’inspire. J’ai en fait l’impression d’être consciente de ce qui sous-tend mon regard. Globalement, je constate que mes yeux sont presque aveugles à mon environnement, comme si ce dernier m’inspirait le précipice, comme s’ils étaient momentanément anesthésiés, indifférents. Ils ne se laissent pas séduire par la multiplicité des couleurs, mais se fixent dans l’intervalle de vide qui les sépare des éléments qui les environnent, comme si ces derniers étaient dépourvus d’intérêt ; et quel intérêt y a-t-il à regarder une chaise ou un autre objet quelconque, sinon pour ce qu’il pourrait éventuellement nous inspirer ou nous évoquer ?

Quand « ça » balaye les objets et les sujets du regard, « je » cherche de la perspective ou une ouverture sur un avenir plus radieux que celui qui est dépeint par les survivalistes. Ça fixe donc la ligne d’horizon, les collines, les cimes et le ciel bleu pour un « je » en quête de sens. Tout dans ce qui m’environne est certes capté par mes sens (dans ce cas précis, celui de la vue), mais directement ressenti, puis mentalisé voire intellectualisé. Les arbres, parce qu’ils m’évoquent la nature et me renvoient à ce qui est essentiel, des racines subreptices à la cime ! Ils nous offrent le spectacle d’une arborescence riche de promesses d’avenir. Les voitures, parce que malgré la culpabilité que je peux ressentir en les dévisageant, elles sont issues d’un monde qui doit revoir ses principes. Le sol bétonné, parce qu’il est dur pour une âme sensible de se faire une place dans ce monde pris en cours de route. La verdure, parce que je rêve d’espaces plus rafraîchissants. Les enfants, parce qu’ils représentent tout ce que j’ai perdu ou gaspillé. Les hauts lampadaires, parce qu’ils s’élancent dans le ciel comme j’aimerais m’élancer moi et ma légitimité sociale ainsi qu’existentielle. La ligne d’horizon, parce que je guette le jour où je pourrai enfin me sentir libre d’exister à ma façon ou autrement dit faire vivre mes aspirations les plus profondes. La lumière du soleil, parce que son rayonnement est le symbole d’un avenir meilleur.

Par la conscientisation de ce vers quoi mes yeux s’orientent, je suis amenée à me remettre en question pour faire une place à mon existence au sein d’un monde dont l’avenir dépend aussi de moi, et plus précisément de mes actions.

Neurofonction 4

Au cours de cet exercice, j’ai remarqué que j’avais tendance à remuer les membres inférieurs de manière compulsive en compagnie de mes proches (surtout de ma mère) comme pour expulser un stress ou une tension induite par la nature souvent préoccupante des discussions. C’est une manie qui m’aide à me recentrer sur moi, et à soutenir le processus de la pensée sollicitant la mémoire de travail qui chez moi semble avoir été affectée par les « attaques » électrochimiques antérieures successives.

Cela peut se présenter comme des impatiences à exprimer ce qui me vient à l’esprit au moment où mon interlocuteur parle, et révélerait une difficulté à gérer les idées dans le temps. Le fait de remuer les jambes (la jambe droite en particulier) ou les pieds (le pied droit en particulier) contribuerait à la fixation des idées par la focalisation du regard sur cette même agitation, instaurant des points d’autorité dans le cours de la pensée.

Aussi ai-je la fâcheuse tendance à circuler dans mon domicile sans but précis, comme le ferait un lion en cage qui chercherait à entrevoir une issue ou comme pour accompagner un élan de motivation reposant sur une volonté de reconnaissance et de réhabilitation sociale.

Ma tête quant à elle est plutôt bien au calme sur son buste, et suit un mouvement de réflexion intérieure permanente, bien droite dans l’axe rotatif haut-bas. La frustration interne de ne pas arriver à organiser les idées comme auparavant n’en demeure pas moins importante, et serait génératrice d’agitation corporelle avant l’endormissement, comme si le mouvement de certaines parties du corps correspondait à des blocages émotionnels, des réminiscences ponctuelles automatiquement refoulées par des mécanismes de défense inconscients, qui lorsque l’on y réfléchit sur le coup sont des signes de somatisation qui semblent ressurgir au moment le plus opportun, c’est-à-dire au moment où notre attention n’est pas détournée par une agitation extérieure, mais bien au contraire invitée à voir ce qui ne lui est généralement pas donné de voir durant la journée où la tentation d’un divertissement pascalien prime, comme celui de la gourmandise qui nous fait côtoyer la cuisine plus que de raisonnable.

Finalement, je remarque la nervosité de ces mouvements précurseurs du sommeil qui chercheraient à dénouer des nœuds psychiques empêchant une introspection plus profonde, une réflexion plus poussée ou pertinente, sinon une transcendance émotionnelle et intellectuelle qui permettrait une métacognition déjà expérimentée. Les médicaments neuroleptiques emmagasinés par le passé sont peut-être à l’origine de ces perturbations ; mon néocortex a peut-être été percuté voire traumatisé par la redondance de ces agressions.

Par ailleurs, j’ai remarqué qu’il arrivait à mon torse de faire des va-et-vient entre l’avant et l’arrière, ce qui pourrait connoter un besoin de réconfort régressif, c’est-à-dire relatif aux premières années de la vie ; voire même, cela pourrait dénoter une réelle régression psychique au stade primitif de l’existence, durant lequel le besoin d’être bercé dans les bras de sa mère se fait particulièrement sentir. Mais cela pourrait aussi et surtout révéler une difficulté à contenir une jouissance thoracique suscitée par le dialogue, comme s’il devait y avoir une retenue des émotions corrélées à ce moment-là à un sentiment de mal-être ou de décalage d’avec l’entourage, comme s’il y avait toujours un blocage, une mauvaise gestion de l’alchimie intérieure, ou une peur non-conscientisée de mal-faire et donc, quelque part, de se faire réprimander. Je comprends par là que j’ai peut-être eu le sentiment que ma mère m’a été enlevée par l’institution psychiatrique ; non pas qu’elle a été hospitalisée, mais que le fait d’avoir moi été hospitalisée par signalement parental a pu me donner l’impression d’en avoir été éloignée, comme abandonnée entre les mains d’une institution qui jouit d’une assise particulière : le devoir et la crédibilité médicales.

Effectivement, comment puis-je avoir de l’affection pour ma mère si derrière elle je vois pendre la menace d’une nouvelle hospitalisation ? Autrement formulé, « où est la mère » ? Ce conditionnement comportemental est-il une mesure de protection ? Ne chercherais-je pas un appui solide et confortable sur lequel ériger mon existence ?

Neurofonction 5

Je suis présentement assise sur le canapé de mon salon. Mon coude gauche repose sur mon genou gauche et ma main gauche tient mon carnet de notes pendant que je me sers de ma main droite pour écrire. L’intervalle entre mes genoux est assez important, et plutôt confortable pour l’exercice auquel je m’attelle. Mes pieds quant à eux sont tournés vers l’extérieur. La posture décrite semble asseoir une affirmation qui ne parvient pas à trouver une position confortable dans la parole, donc dans le rapport aux proches environnants. Cela prend une allure très vulgaire de mon point de vue, et n’est en aucun cas le reflet de ma sensibilité intérieure. J’en déduis que cette sensibilité est recroquevillée dans la coquille du corps. Cette posture est peut-être le moyen pour moi de trouver un appui, de me figurer un socle solide sur lequel me reposer pour me projeter dans l’avenir. Il s’agirait de l’extériorisation d’un principe masculin non-assumé dans la communication verbale, comme la capacité de réflexion qui n’est pas toujours bien reçue par l’entourage, qui n’est pas toujours accueillie dans la bienveillance ou la confiance.

Je suis désormais assise sur une chaise et mes coudes sont appuyés sur la table en face de moi et soulagent mon buste. Ma tête est légèrement penchée sur la gauche, mes genoux pliés respectent un écart de confort et mon pied gauche se situe derrière mon pied droit, les deux étant un peu affaissés sur le sol. J’aperçois maintenant que ma tête repose sur ma main gauche, la partie de la paume proche du poignet étant appuyée contre ma tempe, et mes doigts s’allongeant de mon front à mon cuir-chevelu. La partie centrale de mon corps est quant à elle appuyée contre la table à la hauteur du diaphragme. Je constate que mon corps cherche très souvent un appui pour palier à la fatigue musculaire et psychomotrice.

Durant la sieste qui a précédé l’attablée, je dormais sur la gauche de mon corps, les mains l’une contre l’autre entre mes cuisses fermées et les genoux repliés. Position de repli confortable à mon sens, étant donné que j’étais sur le canapé à la vue de tous, et qu’un courant d’air frais circulait. Cependant, je remarque tout de même que j’adopte souvent une posture de repli, comme les bras croisés sur la poitrine (l’avant-bras droit sur l’avant-bras gauche), n’arrivant sûrement plus ou pas encore à occuper mon espace vital comme il se doit, c’est-à-dire à trouver ma place, plus particulièrement au sein de la famille. Il semblerait que je ne situe pas ou plus la limite entre mon espace personnel et celui de mes proches, surtout celui de ma mère. Je me sentirais à priori asphyxiée, et ressentirais le besoin de me mettre en retrait.

Neurofonction 6

Au sein de ma famille nucléaire, mon rôle se résume à celui d’une enfant. En général, je ne parle pas beaucoup, que ce soit pendant les repas ou en dehors… En revanche, je suis très à l’écoute de ce qui se dit et il m’arrive d’intervenir lorsque cela présente à mon sens un intérêt pour tout le monde ou pour celui qui parle. Mon cœur s’emballe vite en fonction du ton qu’adoptent les interlocuteurs, même s’ils ne s’adressent pas à moi. Les discussions, pendant les repas et même en dehors, génèrent chez moi de légères palpitations cardiaques propres au stress qui me font me sentir mal à l’aise. Dans ces situations, je ne m’attarde auprès de mes proches que pour leur épargner des vexations.

J’ai comme un sentiment d’impuissance et d’inadéquation. Les récits à rallonge sans démonstration, les faits et gestes des uns et des autres, la pluie et le beau temps m’ennuient terriblement. Je suis socialement passive mais intellectuellement active ; je ne parviens pas à concilier la volubilité ambiante et ma sensibilité silencieuse, la « vie de famille » et ma réflexion intérieure. Il me semble que je suis repue de la vie de cette petite communauté.

En tant que fille de ma mère, je n’ose pas trop m’affirmer (cela pourrait être mal interprété) ; en tant que sœur de mon frère, je suis presque invisible, même si j’essaie de communiquer.

Neurofonction 7

Je viens de me réveiller d’une nuit de sommeil. La télévision déjà est allumée. J’entends le déferlement d’un avion dans le ciel. Une porte s’ouvre et se ferme. Mon frère tousse. Une voiture passe… Les oiseaux chantent. Je soupire.

Encore une voiture, puis une autre. Je redoute le passage d’un nouvel avion. Entendre le son que diffuse la télévision en continu précède mon entendement et m’angoisse.

Chaque bruit m’est familier, et je sais qui fait quoi sans le voir. Tout est statique ; chacun semble reproduire le comportement de la veille. J’entends ma mère qui s’agite sur la terrasse ; mon frère lui regarde la télévision sans trop accorder d’importance à l’information qu’il reçoit. Il se lève pour faire chauffer du café. Il semble ne pas tenir en place. Quant à moi, je suis celle qui semble faire le moins de bruit, là, en retrait dans ma chambre. Je me relis à voix basse pour être certaine que ce que j’écris est conforme à la formulation préméditée. J’ai le souci de la juste formulation de ce que je pense. Cette relecture sonore est peut-être aussi un moyen de défier la télévision dans mes aires cérébrales auditives, de me rappeler de ce que j’entends de moi-même plutôt que de ce que j’entends de l’extérieur et qui perturbe un peu le cours de ma pensée. Le silence est une denrée rare… Un luxe.

L’agitation sonore de mon entourage me fait me reprocher de ne pas être active, par peur de ce qu’il pourrait penser de mon retrait silencieux. Je sais pertinemment que cela peut inquiéter ma mère qui le voit comme un comportement pathologique, un manque de contribution à ce qu’elle aime appeler « la vie de famille » ; mais de mon point de vue, chacun doit pouvoir se retrouver seul en repos dans une chambre sans que cela ne génère de l’inquiétude. Il est un préjugé de croire que l’isolement a un caractère pathologique ; l’explication est souvent bien plus évidente. En effet, je suis une adulte et ressens le besoin d’avoir mon espace à moi sans être envahie par le son de la télévision. J’aime le calme, car il est propice à l’introspection et aux activités intellectuelles comme la lecture ou l’écriture.

Ce qui fait sens pour quelqu’un ne le fait pas forcément pour les autres. Le bruit continu de la télévision est pour moi un non-sens voire un abrutissement. Dois-je m’y adapter ou doit-on revoir les habitudes de la famille ? Ce qui pour moi est pathologique est de se laisser hypnotiser par l’écran télévisé. Mais la télévision a ceci de rassurant qu’elle me permet d’être furtive dans mon silence. Il n’en demeure pas moins qu’elle est plus une invitation à être spectateur de sa vie plutôt qu’à en être acteur. Pour moi, la regarder, c’est vivre sa vie par procuration.

J’ai finalement rejoint la famille après avoir éteint la télévision qui tournait dans le vide. Nous sommes tranquillement installés sur la terrasse à quelques pas les uns des autres. Le souffle du vent ainsi que le chant des oiseaux m’aèrent l’esprit, même si le passage des voitures m’est très désagréable. Au moins, mes tympans ne sont plus sollicités par le flot de paroles qui sortait de l’appareil télévisé.

Je décide de concentrer mon attention sur le souffle du vent et le chant des oiseaux tout en essayant de faire abstraction des bruits dérangeants.

Neurofonction 1

Souvent j’ai tendance à contracter ma poitrine par le diaphragme, ce qui exerce une pression sur le cœur et semble faire monter le sang au cerveau. En même temps, je mords les muqueuses inférieures du bas de ma bouche et tends mes bras vers le bas tout en saisissant nerveusement mes doigts. Ce sont à priori des contractions musculaires qui me permettraient de soulever une jouissance égotique suite à une interaction sociale valorisante réelle ou anticipée. Ces contractions n’ont curieusement pas cours quand je vis ce qu’on appelle un état modifié de conscience qui est, à mon sens, plus un état d’expansion de conscience. Dans ces moments-là, mon corps et ma psyché semblent harmonisés sans interférence névrotique ; c’est d’ailleurs une des raisons majeures pour lesquelles je crois profondément au potentiel de guérison des états modifiés de conscience. Et je constate qu’à chaque fois que l’on m’administre des médicaments neuroleptiques, je retombe dans un état précaire de la psyché, comme s’il s’agissait d’une involution ; alors que dans un état modifié de conscience, il y a une dynamique cérébrale qui semble réagencer tous les groupes de neurones entre eux (phénomène de neuroplasticité), permettant ainsi l’accès à des régions sous-exploitées du cerveau. Il s’agirait d’un système dynamique dont l’équilibre peut être mis en péril dans les premiers temps de l’expérimentation, mais qui peut trouver une stabilité au fur et à mesure de l’assouplissement des réseaux neuronaux.

Neurofonction 2

Je suis actuellement assise à la table de la terrasse du foyer. Ma mère est assise sur le canapé du salon et regarde la télévision. Un espace d’une dizaine de mètres nous sépare. Mon frère quant à lui vient de rentrer d’une balade ; il repart aussitôt…

Le son de la télévision est envahissant ; cela m’est très désagréable. Le flot de paroles qui sort de l’appareil semble couper toute possibilité de communication saine et apaisée entre les membres de la famille. La télévision a pris le pouvoir et je mendie à l’espace du dehors un temps de répit.

Quand ma mère fait la cuisine, je me positionne souvent quelques secondes derrière elle pour voir si elle a besoin de ma contribution, si elle n’est pas débordée et, si tout va bien, je repars aussitôt.

Je ne trouve pas le temps et l’espace nécessaires à ma reconstruction ; je me sens submergée par un mode de vie qui ne me correspond pas. Souvent je me retire dans ma chambre et m’allonge dans mon lit pour trouver le repos et, peut-être, entrevoir ce qui me manque tant : l’espace et le temps. Le temps s’épuise dans les heures de repos, et l’espace lui semble inatteignable… Cela se fait d’autant plus sentir en cette période de confinement. Mon retrait est à la fois une protection et un emprisonnement.

8 septembre 2021

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