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Synopsis

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Mon intérêt pour la Psychologie Transpersonnelle est apparu à l’âge de vingt ans, date à laquelle j’ai expérimenté à mon sens une crise d’émergence spirituelle : expérience de mort symbolique, suivie d’une reviviscence accompagnée de ressentis énergético-corporels et de vertiges… Déferlement d’informations et productions semi-artistiques presque automatiques en lien avec un phénomène de translimitalité (porosité entre le conscient et l’inconscient) en phase d’intégration positive (ou en l’occurrence peut-être de désintégration positive). À l’instar de mes multiples lectures, j’explique cet épisode sur le plan physique par une activation soudaine de la glande pinéale (avec sécrétion endogène de diméthyltryptamine corrélée à une émission d’ondes gamma) ; une synchronisation hémisphérale fulgurante ; une forte connexion entre l’épiphyse et la glande pituitaire (censée traduire l’information) ; et une unification chimique et fréquentielle au sein du troisième ventricule cérébral (cf. « La chimie de la conscience » de Ka Ren), que j’assimile personnellement au Troisième Terme dont parle Carl Gustav Jung dans ses théories.

Comme vous pouvez le voir, j’aime étudier la manifestation physique des expériences spirituelles, car c’est bien sur ce terrain que la communauté transpersonnelle est amenée à travailler pour poser les jalons d’une pratique professionnelle en milieu non-ordinaire (notamment psychiatrique), pour des vécus non-ordinaires (états modifiés de conscience, sinon d’expansion de conscience). J’aime à dire que durant ma crise psycho-spirituelle spontanée j’ai vécu un état de « rêve éveillé », comme le versant insoupçonné de l’existence, pour ne pas dire le verso (sans jeu de mots, promis !).

Bien que je me sois beaucoup penchée sur le sujet, les notions de subconscient et de supra-conscient me sont encore étrangères, et la maîtrise émotionnelle est ce qui m’a fait cruellement défaut lorsque j’ai vécu ma première crise d’émergence spirituelle.

Voilà donc une brève exposition de ce qui me motive : ayant moi-même vécu un épisode difficile avec moult répercussions, j’ai maintenant à cœur d’aider les personnes qui traversent des turbulences similaires, et de leur faire éviter le dédale qui peut s’en suivre…

C’est plus qu’un objectif de vie : c’est la mission que je me suis assignée.

La Psychologie Transpersonnelle est pour moi plus qu’une discipline : c’est un engagement. Je ne veux pas uniquement exercer le métier de psychopraticien transpersonnel ; je veux aussi faire l’apologie de la discipline et militer pour une meilleure prise en compte du point de vue transpersonnel en milieu psychiatrique. Trop de gens sont injustement diagnostiqués « bipolaires » ou « schizophrènes » à la suite d’un épisode qui ne relève pas nécessairement d’une pathologie, mais bien au contraire d’un potentiel naturel de guérison (dont parle très bien Stanislav Grof) qui sollicite la « machine alchimique » dans son intégralité, suscitant des phénomènes de synchronicité (exemple type : les heures miroirs) dont le récit est bien trop souvent tourné en dérision par le corps médical qui ne connaît généralement que les bienfaits de la pensée matérialiste dite rationnelle érigée en dogme par la communauté scientifique arriériste (dans le déni des dernières découvertes).

La question que l’on peut se poser, c’est : pourquoi ce pivot heuristique pose-t-il autant problème ? Ma réponse est la suivante : parce que cela remet en question la politique économique et les rapports de pouvoir.

Bien que je n’en conserve aucun souvenir, ma venue au monde a d’abord été vécue comme une asphyxie, pour une raison simple : j’ai été étranglée par mon cordon ombilical à la naissance ; heureusement, le médecin l’a coupé avant que je m’étouffe de façon irréversible. Les photos montrent un nourrisson à la tête fortement violacée, voire même un peu enflée. Partir avec la grosse tête dans la vie n’est pas forcément avantageux…

Trêve de plaisanterie, quand j’y pense aujourd’hui, cela m’évoque toujours une expérience de mort imminente susnatale : si je redoutais la sortie hors de l’utérus, j’étais loin d’imaginer suffoquer à ce point en voyant le bout du tunnel… Je me demande d’ailleurs si cet événement n’a pas eu de répercussions par la suite.

Mon plus vieux souvenir remonte à l’âge de 2-3 ans, quand un soir (une nuit ?) dans mon landau je me suis mise à pleurer après avoir commencé à entendre des grésillements dans le brouillard de l’obscurité et à y percevoir un mandala se déployer au fur et à mesure que les grésillements s’intensifiaient en une seule et unique longueur d’onde. Je me souviens que c’est ce qui m’a fait pleurer, mais que c’est aussi comme si j’intégrais une partie de mon âme par une prise de conscience soudaine de mon existence ici-bas. Après cet épisode, mon vécu était beaucoup plus clair et par conséquent mémorisable dans les sphères conscientes de ma psyché.

J’ai grandi en région parisienne, principalement dans le Val-d’Oise. Les premières années de ma vie ont été marquées par un sentiment d’abandon, surtout chaque fois que ma mère me déposait à la Maternelle. Je n’ai pas fréquenté la crèche (du moins, pas à ma connaissance), et j’avais aussi le sentiment que mon père était absent, bien qu’il fût bel et bien présent physiquement. Je le sentais mentalement loin, presque indifférent… Encore aujourd’hui, j’ai du mal à me l’expliquer, mais je fais confiance à mes ressentis d’époque.

Une fois, en Maternelle, alors que je n’étais âgée que de 4-5 ans, j’ai fait croire à une camarade que « mes parents s’étaient trompés à ma naissance : que je portais une jupe mais que j’étais en fait un garçon » ; je n’étais pas à l’aise avec le genre qu’on attribuait généralement aux petites filles, et à ce qu’il paraît à cette époque je m’identifiais beaucoup à mon grand frère, âgé de 2-3 ans de plus que moi. Je voulais d’ailleurs « tout comme mon frère », de l’habillement aux jouets. Sur une vidéo datant du Noël de mes trois ans, au moment où on m’offre un paquet de chouchous j’envoie tout valdinguer en m’écriant « j’veux pas ça ! » ; et après, quand on m’offre une figurine de Power Rangers avec sa moto « requin », je suis aux anges. J’avais plus le caractère genré d’un petit garçon que d’une petite fille.

À l’école, j’avais du mal à me concentrer pour suivre les cours, et je n’aimais pas travailler le soir en rentrant à la maison (je préférais jouer à inventer des histoires avec mes figurines…). Mes résultats scolaires tournaient autour de 10/20. Les séances de travail organisées par l’un ou l’autre de mes parents n’étaient pas très rassurantes pour moi, surtout quand mon père se collait à la tâche… Ça prenait plus souvent la forme d’une torture morale que d’un soutien scolaire. Je n’ai d’ailleurs jamais pu retenir les tables de multiplication au-dessus de la table de 5, et à l’heure d’aujourd’hui je ne sais plus poser une soustraction et encore moins une division. Je trouvais les rapports entre le professeur et la classe trop impersonnels, or je faisais partie de ces enfants qui pour apprendre ont besoin d’une relation affective et presque d’exclusivité avec un pédagogue : les sentiments devaient être ce qui motivait l’enseignement ; l’enseignement sans rapport affectif ne faisait pas sens pour moi. J’avais l’impression d’être noyée sous le concept de « classe », jamais d’ailleurs totalement uniforme dans les faits. Il y avait la foule du concept, comme un bloc déshumanisant, ternissant l’intérêt que je pouvais porter aux cours.

Assez vite, vers l’âge de huit ans, j’ai commencé à me poser des questions sur la nature de l’enseignement et plus généralement de l’école républicaine (sans penser les choses en ces termes, puisque j’étais encore jeune). Avant cela, mes parents s’étaient séparés puis s’étaient remis ensemble, et j’avais commencé à suivre des cours de catéchisme (à l’âge de six ans), éveillée à la foi par un camarade de classe qui avait l’habitude de subir les railleries (et parfois les coups) de certains (en réalité certaines) autres camarades de classe.

Ainsi donc, âgée de huit ans, il m’arrivait de tourner mon regard vers la fenêtre, de m’éterniser sur les arbres chahutés par le vent et les oiseaux en plein vol et de me dire : « je n’ai pas envie de devenir une vache à lait », considérant le travail comme une forme d’exploitation au service d’un principe qui me paraissait encore flou, indéfinissable… Sans doute ne comprenais-je pas pourquoi il fallait que je me sépare du cocon familial pour entrer dans un moule qui ne faisait pas sens pour moi, et pas non plus pourquoi mes parents s’acharnaient au boulot la journée pour rentrer parfois à des heures inimaginables pour un enfant de mon envergure. Enfin, c’était surtout mon père qui revenait tard du travail. Il y avait tellement d’étapes qu’il me semblait indispensable de vivre avant de devenir une adulte responsable… J’avais l’impression que l’école me volait une partie de ma vie et que le monde du travail m’enlevait mes parents. C’est ce qui m’amène parfois à me demander : mais de quelle époque ou de quel monde je viens au juste ?

Est-il important de préciser que, selon ses propres termes, ma mère n’a pas eu le temps de m’allaiter ? Aurais-je dû connaître cette étape à priori décisive pour avoir une meilleure appréhension de la vie en société ? C’est aussi une question que je me pose.

À l’évidence, je n’étais pas bien intégrée à l’école et nous avons souvent déménagé au moment où je commençais à nouer des liens avec les autres écoliers.

Mon père était quelqu’un de sévère et j’en faisais parfois des cauchemars la nuit. J’avais deux rêves récurrents, qui étaient des simulations de scènes d’abandon : l’un par ma mère et mon frère face à la rage de mon père ; l’autre par mes deux parents emportant mon frère comme une victime de mes mauvais agissements (alors que dans les faits réels c’était plutôt l’inverse). Ce dernier rêve soulevait en moi un sentiment de culpabilité, bien plus que le premier qui était tout au plus une figuration de mon insuffisance, ou de mon manque de succès auprès de ma mère (ce qui n’était pas pour autant factuel). Quel enfant n’a pas peur de décevoir ses parents ? J’ai quand même le sentiment d’avoir grandi dans un milieu familial dissonant : le trio mère-enfants se trouvait dans l’adversité avec le père « tyran ». Ma mère me parlait souvent de nouvelle séparation dans le dos de mon père, et je dois avouer que je la soutenais dans ce sens, étant fortement accablée par le comportement de ce père « castrateur ». Je l’ai toujours vu d’un mauvais œil, ayant l’impression parfois d’avoir plus affaire à un autre enfant à la dimension pulsionnelle exacerbée, qu’à un père aimant et responsable. Les enfants sont bien souvent le miroir des blessures ascendantes. Quel parent aime se remémorer une enfance tiraillée ?

À l’adolescence, j’ai connu mes premiers émois pour une fille et un an plus tard j’avais admis cette nouvelle réalité. Je n’ai pas tardé à en informer mes parents, même si ma mère se doutait de quelque chose en raison des éloges que je faisais de filles en particulier. En faire état était peut-être aussi inconsciemment pour moi une façon d’acter mon conflit avec la figure paternelle ; une façon de lui tenir tête.

Mes résultats scolaires n’étaient toujours pas brillants et j’avais la phobie du redoublement, ne concevant mon évolution personnelle qu’au travers du prisme de la réglette générationnelle : un âge, une classe, un degré ; à défaut d’avoir de solides fondements et une évolution personnelle réelle, je misais tout sur l’engouement du statut ; non pas tant le classement scolaire : tout allait bien tant que je franchissais les marches de l’escalier… Par contre, je ne voulais en aucun cas être « rétrogradé » ; déjà que je me sentais exclue dans la rangée de ma génération, si je redoublais, pour moi c’était le comble de l’humiliation. Je ne voulais pas devenir l’emblème de l’errance aux yeux d’enfants plus jeunes, dans une volonté de transcender mes lacunes par l’image de la « promotion » scolaire, même si je savais que l’entrée dans la vie active se précipitait et que je ne saurais pas bien longtemps dissimuler mon manque de connaissances sous une rhétorique donnant l’illusion que j’avais un bagage suffisant (d’où mon succès auprès de mes professeurs de musique et de littérature j’imagine…). Comme certaines personnes handicapées, j’ai développé d’importantes capacités pour compenser le manque, et d’une façon qui tombait sous le sens… Je n’ai pas eu le temps de m’apercevoir, en ce qui me concerne, de l’artificialité de mon parcours. En revanche, plus je grandissais en âge et moins je trouvais de sens à ce qui était censé constituer mon être.

C’est une puissante déception amoureuse à l’âge de quinze ans qui m’a fait prendre conscience de la fragilité de ce qui faisait de moi ce que j’étais socialement. Mon parcours vers l’éveil spirituel s’est brutalement accéléré à partir de ce moment-là. Je n’avais pas un ego surdéveloppé, mais le peu que j’en avais était assailli par tous les reproches que je pouvais me faire : j’étais assiégée, et les murs de ma forteresse psychique ont cédé un jour de janvier 2014, quelques mois suivant l’anniversaire de mes vingt ans. Dans le fond, je n’ai jamais perdu de vue ma conviction première : l’école est une usine à production de main-d’œuvre.

C’est comme cela que j’ai connu ma première hospitalisation en secteur psychiatrique, et que quatre autres sont venus achever l’œuvre de l’hégémonie de la pensée matérialiste dite rationnelle. Enfin « achever »… Mieux vaut faire croire à l’institution psychiatrique qu’elle en a fini avec vous. Ce qui est redoutable dans une expérience spirituelle, c’est qu’elle revient toujours à la charge après vous avoir empli d’une conviction inébranlable. Si on veut définitivement me faire taire, il faudra me tuer… Car jamais je n’accepterai de vivre une vie dénuée de lumière spirituelle ; jamais je n’accepterai de passer ma vie derrière les barreaux d’une camisole chimique. C’est aussi cela, une expérience spirituelle bouleversante et authentique étiquetée à tort de « phase maniaque », quand bien même il existe des qualificatifs reconnus sur le papier pour cela… Jamais ils ne veulent céder de la place à la spiritualité dans le diagnostic… C’est bien dommage, car je ne suis pas du genre à me laisser piétiner et à délaisser le sens de ma vie pour une existence morne.

C’est d’ailleurs à cet effet que j’ai publié un ouvrage sur mon expérience personnelle agrémenté de connaissances puisées dans les livres.

J’ai commencé à prendre des cours de piano après mes dernières années de collège, durant lesquelles j’ai pratiqué plusieurs autres instruments à l’orchestre de l’établissement géré par les professeurs de musique (flûte, xylophone, percussions). J’avais déjà débuté l’apprentissage du piano en autodidaxie à l’âge de douze ans, et avait pu à cette occasion composer quelques mélodies.

Je me suis inscrite dans un lycée qui proposait des cours de musicologie en option libre (année de Seconde), puis une spécialisation pour le baccalauréat (années de Première et de Terminale), qui mêlait, à l’examen, théorie et pratique. Je n’ai malheureusement pas su gérer mes émotions et les turpitudes que je traversais jusqu’au jour J, ce qui m’a finalement valu de redoubler ma classe de Terminale pour obtenir un baccalauréat littéraire option espagnol renforcée (l’option musique renforcée n’était accessible qu’aux élèves ayant intégré une Première littéraire, mais de toute façon je ne me voyais pas m’orienter vers une filière Économique et Sociale, et encore moins Scientifique).

Je suis donc titulaire d’un baccalauréat littéraire depuis 2012, qui m’a permis de m’inscrire en Licence 1 de Science Politique à l’Université de Vincennes-Saint-Denis (Paris 8) pour l’année 2012-2013. J’ai choisi cette orientation en raison des multiples débouchés qu’elle offrait (ne serait-ce que pour se réorienter, puisque c’est une licence pluridisciplinaire : Philosophie, Sociologie et Histoire…), mais aussi parce que l’université proposait dans cette voie un parcours « Citoyenneté et mondialisation », qui m’intéressait particulièrement, avec toutes les problématiques écologiques dont j’avais pris connaissance au travers des cours et de nombreux films-documentaires que j’avais loués en médiathèque ou téléchargés les années précédentes…

En m’engageant dans cette filière, je pensais pouvoir un jour défendre les intérêts de la population et de son environnement, peut-être en travaillant dans une ONG ou en tant que diplomate ; mais ma détermination de l’époque était encore vague et je n’avais pas idée de ce que cela signifiait d’un point de vue travail personnel et pression estudiantine. Ma Licence 1 validée, je suis entrée en Licence 2 avec la croyance que j’aurai à rattraper une discipline pour laquelle je n’avais pas obtenu d’assez bons résultats (ce qui n’était en fait pas le cas). C’est une étudiante (sûrement mal informée ou tout simplement malhonnête) qui m’avait mis cette idée dans la tête.

En janvier 2014 donc, sans surprise, j’ai brutalement lâcher-prise suite aux partiels du troisième semestre, ma remise en question étant déjà sérieusement bien entamée depuis ma deuxième année de lycée. Je ne pouvais pas continuer à vivre sans espoir d’expérimenter un jour l’amour dont j’avais toujours rêvé, ce qui explique pourquoi je me suis rasée les cheveux sans savoir que ce n’était que pour mieux renaître à moi-même, à un point que je ne pouvais imaginer.

Je me suis simplement dit : « la vie ne vaut pas la peine d’être vécue telle qu’elle m’est présentée », et plutôt que de me donner la mort, j’ai préféré laisser la mort venir cueillir mon âme, le corps nu de la tête aux pieds, étendu comme un cadavre rigidifié dans mon lit. Comment pouvais-je imaginer une seule seconde que mon désinvestissement total pour la vie suffirait à me la faire quitter ? Pourtant, c’est à ce moment-là que j’ai commencé à ressentir de sérieux mouvements énergétiques dans mon corps : surtout dans les jambes. J’essayais, par ma seule volonté, de quitter la vie, ce qui signifiait sur un plan physique de quitter mon corps ; et plutôt que d’exaucer ce vœu, j’ai surtout provoqué un chamboulement énergético-corporel : tout mon désespoir commençait à transmuter en énergie d’amour inconditionnel, ce dont je me suis rendue compte immédiatement. C’était la grande lessive. C’est aussi à cette occasion que j’ai pris conscience que nous n’avions pas qu’un corps fait de matière, mais aussi un corps énergétique, vaisseau de notre volonté-conscience ; et c’est de cette manière que j’ai appris à faire la distinction entre mes ressentis énergétiques et corporels, et à en mesurer l’interaction (plus ou moins forte selon notre état de conscience et le degré de détoxination de notre organisme).

Après ce premier épisode, donc, je n’ai pas trouvé le courage et la volonté suffisante de reprendre mes études en Licence 2 de Science Politique. J’avais besoin de prendre le temps de me remettre de mes émotions et de faire le bilan de ma première hospitalisation en secteur psychiatrique (qui a vraiment eu des conséquences dommageables pour la suite, l’ayant avant tout vécu comme un traumatisme, moi qui commençais à me faire à l’idée que la réalité était bien plus complexe qu’on ne le croyait) ; mais je ressentais plus encore le besoin de comprendre, d’un point de vue physique, ce qui m’était arrivé ; car pour moi il était clair qu’il ne s’agissait pas que d’une envolée lyrique ne se situant que sur le plan mental, sans phénomène singulier ou peu courant sur le plan physique. Ce serait être dans le déni que de ne pas admettre cette réalité après un tel bouleversement. Le fait qu’il y avait un extraordinaire agencement entre mes deux hémisphères cérébraux s’était présenté à moi comme une évidence au moment où cela m’est arrivé, et les phénomènes de synchronicité devaient bien s’expliquer par une disposition particulière de mes réseaux neuronaux à ce moment-là… Véritables curseurs magnétiques de l’intentionnalité.

D’autres expériences similaires se sont présentées à moi suite à plusieurs ruptures de traitement (comment pouvais-je laisser passer une telle occasion de mieux comprendre la vie et me réaliser pleinement ?). Je me suis dit que le seul moyen de persévérer dans cette voie et de m’épanouir sur le plan professionnel était de me former à un métier en rapport avec ces ressentis si particuliers. C’est de cette manière que je me suis intéressée à la formation en Géobiologie Scientifique de l’École Française de Géobiologie présidée par Alain de Luzan. J’ai donc intégré la promo de 2018, puis ai poursuivi vers la formation en Bioénergie & Nutrition, qui a débouché sur un diplôme (cette formation n’existe plus aujourd’hui).

Malheureusement, mon organisme ayant été accaparé par un traitement psychotrope invasif, je n’ai pas su mettre ce diplôme à profit : maîtriser l’antenne de Lecher est un exercice délicat, surtout quand on est coupé de ses ressentis émotionnels et subtils.

Heureusement, j’avais toujours la capacité de me concentrer sur des lectures bien que ma mémoire de travail fût fortement entravée. J’ai alors continué à plonger mon nez dans des livres qui pouvaient m’apprendre toujours davantage sur l’état des connaissances en neurosciences en lien avec la psychologie transpersonnelle, suite à quoi j’ai moi-même rédigé un court essai (intitulé « Tartine à visée heuristique ») que j’ai intégré à un ensemble de textes sur mon expérience atypique (publié aux Éditions du Net). Être arrivé jusque-là est une fierté pour moi, la parole des expérienceurs étant bien trop souvent reléguée au second plan par les professionnels de santé : on n’est pas pris au sérieux, et les faits rapportés soulèvent chez les personnes qualifiées un sarcasme tout à fait inapproprié. Qualifiées jusqu’à quel point ?

Je suis suivie en psychiatrie, avec quelques interruptions (tout de même) depuis mes vingt ans. D’après le diagnostic de plusieurs psychiatres, je serais bipolaire.

J’ai fait cinq séjours en structure de soin : le premier d’une durée d’un mois et demi ; le second d’une durée similaire ; le troisième d’une durée approximative de trois mois ; le quatrième d’une durée de sept mois ; et le cinquième d’une durée de deux semaines. Tous ont succédé à une période de doute quant à la nature de la réalité commune ; aucun de ces épisodes n’a duré suffisamment longtemps pour démontrer une quelconque alternance entre une phase maniaque et une phase dépressive… Et à chaque fois, je n’ai pas pu aller jusqu’au dénouement de l’expérience, ce qui est à mon sens fort regrettable (autant d’un point de vue médical qu’existentiel). Je n’ai pourtant jamais été physiquement violente avec mon entourage ; mais j’étais révoltée, c’est sûr. Faire face à une telle incompréhension… Et le refus de mes parents d’y voir autre chose qu’une « crise » m’a sidéré. Après une première hospitalisation, il suffit de peu d’observations du proche entourage pour se retrouver de nouveau hospitalisé, et généralement pas sans parti pris.

Mes forces sont ma persévérance et mon désir de perfectionnement, je crois.

Durant mes périodes de grande activité psychique et sensitive, j’ai une acuité qui peut autant s’avérer être une force qu’une faiblesse : facultés d’idéation décuplée mais grande sensibilité aux regards insistants, fredonnements, bruitages, mimiques, manies et rictus. Exemple : le limage d’ongles compulsif… Tous les comportements répétitifs éjectés du champ de la conscience ont tendance à m’irriter, car je les perçois comme des automatismes aberrants… Ce n’est pas que je suis intolérante mais que je ne supporte pas que l’on fasse fi de ma sphère d’interprétation et de sensibilité. Il arrive un moment où je prends cette attitude pour de la provocation non forcément conscientisée (et c’est le plus dur à endurer). Je me demande parfois quelle est, chez mes proches, la frontière entre la conscience et l’inconscient. J’ai souvent du mal à déterminer s’ils agissent consciemment ou non, c’est-à-dire en connaissance de cause ou pas ; s’ils tiennent compte de la façon dont je pourrais le prendre… À noter que j’observe ce type d’attitude particulièrement lorsque, pour ma part, je vis un état d’expansion de conscience… À se demander si, quelque part en eux, ils ont conscience de ce que je traverse et si cela ne les sollicite pas de manière inconsciente (ce qui pourrait s’apparenter à un état de possession les concernant). C’est vraiment quelque chose qui m’a marqué au cours de mes diverses expériences de réalignement ; l’effet de contraste entre leur comportement ordinaire et leur comportement appuyé – lorsque, soudain, j’étais particulièrement lucide – ne m’a pas échappé. Bien sûr, on est en droit de se demander si de mon côté je n’ai pas changé d’attitude (ce qui aurait pu susciter de l’inquiétude chez eux, même si cela n’explique pas toute la teneur de leur réaction), mais mis-à-part mon aura (invisible), je ne vois pas ce qui aurait pu chatouiller de cette façon leur ego, stimulant chez eux les automatismes de la persona…

Ma faiblesse principale est ma lassitude du mode de fonctionnement de la société ainsi que de la mentalité conquérante : c’est ce qui fait que j’ai encore plus de mal à m’intégrer socialement et professionnellement. Par exemple, je trouve effarant qu’il faille à tout prix avoir le permis de conduire et la voiture pour maximiser ses chances d’être embauché quelque part. Au point où on en est écologiquement parlant, il faudrait peut-être songer à réduire le temps de trajet en transports verts entre le domicile et le lieu de travail. S’habituer dès que possible à la voiture à essence est non seulement un conditionnement du corps dans l’espace (les distances paraissent en plus moins importante), mais aussi on s’éloigne par ce biais de l’ancienne réalité spatio-temporelle qui doit de nouveau prendre sa place (épuisement des ressources et détérioration de l’environnement obligent). À moins de vouloir appuyer en toute impunité sur l’accélérateur pour foncer droit dans le mur, nous devons sérieusement revoir notre rythme de vie, tant pis pour les commodités.

À quoi bon s’investir dans une société qui n’a pas d’avenir ? À quand une civilisation qui se respecte ?

Quand je suis traitée par neuroleptiques, je me sens dépressive. Au bout de quelques mois, le traitement instaure un filtre entre la réalité et la façon dont je la perçois, ce qui est très gênant. C’est comme un engourdissement de toutes les fonctions cérébrales et une fragilisation de la posture… Tout devient artificiel.

J’ai déjà fait une tentative de suicide quand j’étais à l’hôpital, à vingt-trois ans je crois. Le traitement interférait trop avec mon corps énergétique à un niveau neurochimique ; c’était comme deux aimants de même polarité que l’on cherchait à faire cohabiter dans le même corps… Une véritable torture électrochimique.

Lorsque je suis sous neuroleptiques, quelle que soit la dose, c’est tous les jours que j’ai des idées noires. En temps normale, je m’émerveille de bien peu de choses…

Quand je suis en rupture de traitement, généralement le corps énergétique (ou l’âme) se réaligne avec le corps physique par paliers, comme lorsque l’on remonte à la surface en plongée sous-marine (autrement la pression serait trop importante…). Ce réajustement a lieu la nuit le plus souvent : il arrive qu’il y ait comme un sursaut lors du sommeil paradoxal, de puissantes vibrations qui s’emparent du corps tout entier, corrélées à des bourdonnements ou sifflements d’oreille très intenses (en réalité un genre d’effet Larsen), avec une impression d’être en suspens et de bénéficier d’une nourriture toute particulière. Souvent, la conscience est profondément témoin à ce moment-là, et il peut y avoir des sensations de picotement dans le corps (plutôt douces et agréables). Il arrive parfois que le corps astral se meuve hors du corps physique, sans volonté sous-jacente : simplement comme une contorsion, comme des spasmes dans un muscle. Cela doit faire partie de la procédure de réajustement. C’est un moment très délicat car, bien entendu, comme nous sommes dans un entre-deux, nous sommes en proie au peuple de l’astral… Mais le lien avec le corps physique à ce moment-là est tellement puissant qu’il n’y a jamais de débordement. Justement, c’est un réalignement…

Alors quand je ressens ces vagues énergétiques je suis dans une profonde gratitude et je le formule ainsi mentalement : « Merci ! ».

Cette remontée en surface par paliers m’a permis d’acquérir une certaine dextérité de conscience dans les états intermédiaires. Il m’est arrivé une ou deux fois, en position allongée, de sentir comme une main chaleureuse posée sur mon dos au niveau du chakra du cœur, et cette présence rassurante sait à priori faire le ménage… Ce sont comme des séances de soin énergétique importées de l’au-delà qui, pour nettoyer les mémoires, appuient avant tout sur les blessures… Et d’une façon totalement bienveillante. Ce sont des expériences imprégnées de bonté qui m’ont marquée.

D’aussi loin que je me souvienne, la spiritualité m’intéresse depuis le collège. L’un des seuls ouvrages que j’ai lu à cette époque était « Le Livre des Esprits » d’Allan Kardec (même s’il s’agit avant tout d’une conversation spirite). Mais si je me réfère à mes années de catéchisme (que j’ai investies à l’âge de six ans), alors cet intérêt remonte beaucoup plus loin (je précise que mes parents sont athées).

La spiritualité m’intéressait parce qu’en comparaison de ce que je vivais en milieu scolaire, elle apportait un germe de réponse aux questions que je me posais : elle donnait du sens et de l’importance à mon existence. Aussi, la mentalité des enfants en cours de catéchisme n’était pas la même qu’à l’école… Il y avait, dans cette éducation, un rapport aux autres et à la vie qui était totalement différent, et une dimension affective que l’on ne retrouve pas dans les locaux de l’Éducation Nationale. Cela m’apportait non seulement des connaissances en théologie – et plus largement en philosophie et spiritualité –, mais en plus, cela me procurait de l’amour et de la détente, même si les cours n’étaient pas toujours faciles à suivre en raison de ma faible capacité de concentration. Il n’y avait pas d’urgence à ingérer une grande quantité de connaissances comme à l’école. C’était donc d’abord un réconfort pour moi : la dimension affective de l’humain n’était pas évincée par un impératif de performance et de rentabilité. J’ai passé ma Première Communion à neuf ans et me suis faite baptisée à dix ans.

Aujourd’hui, j’ai un sens beaucoup plus large de la spiritualité, au-delà de toute religion. Ce qui capte le plus mon attention, c’est l’expérience spirituelle de la vie et tous les ressentis énergétiques qui l’accompagnent. Ayant lu « Homo Noeticus : l’émergence de l’Homme Nouveau » de Daniel Robin, je me demande même si tout l’enjeu d’une incarnation comme celle-ci n’est pas la transfiguration… Je crois même que le domaine spirituel est l’unique recours à ma soif d’émancipation existentielle. Les synchronicités y ont toute leur place, même si le vécu de celles-ci n’est pas toujours compris par le proche entourage, qui se trouve aux premières loges de la métamorphose engagée par ce mouvement. L’incrédulité de mes proches m’étonne bien souvent… Je me demande comment on peut vivre dans un tel état de déni ou d’ignorance. J’ai remarqué que la révolte orgueilleuse par rapport au divin en était la cause principale : comment, donc, Dieu n’aurait-il pas de prise sur sa Création pour mieux nous venir en aide quand on est dans le besoin ? Pourquoi tant de misère, d’injustice ? Pourquoi l’un meurt jeune d’un cancer et l’autre de vieillesse ? Il s’agit là pour moi d’un aveu de grande misère intérieure (celle qu’évoque Blaise Pascal dans ses « Pensées »), de ne voir la vie que sous l’angle d’une « non-assistance divine à personne en danger ». C’est oublier que le divin s’ouvre d’autant plus que l’on s’ouvre à lui ; qu’il s’agit d’un entrelacement et non d’un amour à sens unique. « Aide-toi et le Ciel t’aidera », comme on dit, veut surtout dire de ne pas reléguer le travail spirituel au divin (cela n’aurait d’ailleurs aucun sens), car cela reviendrait à se désinvestir de sa part de divinité. Nous ne sommes pas là comme des enfants à qui Dieu doit céder tous les caprices, comme s’il avait à assumer le rôle de Père Noël pour tout un chacun. C’est une vision très infantile du divin, et cela montre tout le chemin qu’il leur reste à parcourir…

L’éveil à la foi est avant tout un éveil à sa propre lumière intérieure. La foi est comme un bourgeon qui demande à éclore par le déploiement de l’aura.

Je date ma première expérience spirituelle à mes trois ans (1996), lorsque j’ai eu un éclair de conscience déjà évoqué dans mon landau.

La seconde expérience s’est manifestée lorsqu’à six ans je pique-niquais en compagnie de la paroisse derrière l’église (juste avant d’entamer les cours de catéchisme). À cette occasion, j’ai confondu la luminosité du soleil avec celle de la « Source » spirituelle canalisée par tous les fidèles en présence. Les éclats de l’astre étaient d’autant plus doux que je les assimilais à ce rayonnement bienveillant. Tout devenait plus subtil…

Par la suite, je me sentais habitée par une puissante lumière spirituelle avec une forte capacité de visualisation : le mélange du vent et des rayons du soleil tourmentés par le passage de quelques nuages me figurait le Christ en croix. J’avais parfois le sentiment d’un présage… En tout cas, je ne me sentais guère livrée à moi-même.

Après une longue période de désillusion (mon adolescence), j’ai subitement atteint le paroxysme de mes ressentis spirituels enfouis depuis trop longtemps derrière les exigences du passage à l’âge adulte : c’est comme si toute la somatisation régissant mon sommeil paradoxal apparaissait à ma conscience (à l’état de veille) sous la forme d’un éveil paradoxal. C’était le bouquet final, et le début d’une belle histoire, jusqu’à ce que je me retrouve bombardée par des molécules tout droit sorties de nos laboratoires pharmaceutiques. Quel gâchis ! Quand on sait en plus que c’est moi qui demandais à être examinée par un psychiatre pour certifier qu’il s’agissait d’une expérience singulière qui, je le sais aujourd’hui, aurait pu être qualifiée d’ « expérience spirituelle ou religieuse » comme c’est indiqué dans certains manuels diagnostiques accessibles aux professionnels de santé (le DSM la répertorie depuis l’insistance de Stanislav Grof à faire reconnaître cette réalité, mais dans la pratique la mention est complètement négligée). Cette génération de psychiatres ne connaît-elle pas l’importance du rôle que peut jouer la glande pinéale (seule partie du cerveau qui n’est pas scindée) dans lesdites psychopathologies ? Qu’en est-il de la synthèse de la diméthyltryptamine, de l’émission d’ondes gamma, de la synchronisation hémisphérale et ainsi de suite ? Où sont d’ailleurs les instruments de mesure indispensables au diagnostic avant toute administration de médicaments psychotropes ?

Ce dont les psychiatres sont persuadés, c’est que la psychose se caractérise par une surproduction de dopamine et la schizophrénie par une mauvaise articulation entre les hémisphères gauche et droit du cerveau… Quand bien même dans le premier cas c’est la DMT qui pourrait en être la cause et dans le second tout l’inverse d’une fracture entre les deux hémisphères cérébraux, c’est-à-dire une synchronisation hémisphérale. C’est une approche qui en soi pourrait remettre en cause tout le diagnostic, et toute la grille de lecture de la biopsychiatrie allopathe par la même occasion. Mais, comme dans l’Éducation Nationale, ce sont la performance et la rentabilité qui priment, tant pis pour la richesse inestimable de ces expériences qui pourraient tant nous apprendre sur le véritable fonctionnement du cerveau et mettre le doigt sur ce qui devrait en principe focaliser l’attention des chercheurs en psychiatrie : les états modifiés de conscience.

Après ma première hospitalisation, toutes les expériences psycho-spirituelles qui ont suivies se sont soldées par une nouvelle hospitalisation ; et contrairement à la procédure qui est en vigueur pour les futurs détenus, l’internement psychiatrique peut se passer de preuves et de jugement éclairé par un Tribunal agréé… Il faut d’ailleurs savoir qu’en principe, une hospitalisation psychiatrique ne peut avoir lieu que si les éléments suivants sont réunis : la personne représente un danger pour elle-même et pour autrui ; son état est invalidant ; et elle est inaccessible à la discussion. Pour chacune de mes hospitalisations, aucun de ces trois éléments n’était mentionné, si ce ne sont les affabulations du psychiatre normopathe en charge de mon dossier.

Pour ma part, je reste convaincue d’avoir vécu une montée de Kundalini interrompue dans son travail, suivie de remontées à chaque rupture de traitement, marquées par une hypersensibilité ainsi qu’une hypersensitivité.

Bien que ne suivant et n’ayant jamais suivi de pratique spirituelle à proprement parler, j’ai un tempérament contemplatif qui m’a certainement induit à plusieurs reprises dans un état de relaxation. J’en veux pour preuve qu’à l’occasion des Entretiens Médicaux d’Enghien-les-Bains (95) sur le cerveau, alors que j’étais pourtant sous neuroleptiques, un dispositif technologique disponible à l’expérimentation a révélé que je produisais un bon « score » d’ondes alpha, suite à quoi on m’a demandé si j’avais l’habitude de pratiquer la méditation (question à laquelle ma mère n’a pas eu droit puisqu’elle avait obtenu un moins bon résultat) ; question à laquelle, sur le moment, je n’ai pas su quoi répondre… Si ce n’est que j’aimais la contemplation. Après quoi je me suis demandée ce que ça aurait été sans neuroleptiques… Je n’ai pas omis de leur proposer de créer un semblable dispositif pour mesurer les ondes gamma cette fois, ce à quoi ils ont répondu que ce serait une idée intéressante je crois.

Les textes sacrés sont toujours plus intéressants à saisir sous l’angle des paraboles (qui recèlent des vérités cachées, et ont fait naître des cercles fermés d’initiés). En réalité, ce sont les mêmes paraboles qui réapparaissent sous une forme toujours plus altérée depuis l’aube de l’humanité, et qui ont trop souvent été le prétexte d’une prise de pouvoir, à mon sens. C’est peut-être ainsi que naissent les religions : sur même pas un dixième de vérités universelles et intemporelles, il y a un surinvestissement de l’aspect juridico-politique directement lié aux rapports de pouvoir (entre hommes et femmes, entre castes fortunées et castes déshéritées, etc.).

Ma conception du « Divin » se résume en un mot : la Source, au sens de sphère dans laquelle on peut s’abreuver pour se ressourcer, et au sens d’origine à laquelle on peut se référer (en remontant les « cours d’eau »). Il s’agit, pour moi, du dénominateur commun à toute forme d’existence ; du lien qui nous unit tous de façon sous-jacente. Ce serait comme un courant d’énergie qui effectuerait des allers-retours entre l’Être (tout ce qui prend forme dans le monde densifié de la matière) et le Néant (qui a un potentiel d’existence) ; donc une énergie naturellement générée par une bipolarité antagoniste sinon complémentaire… Un couple originel de contraires : l’un justifie l’existence de l’autre, et inversement (ce qui peut se vivre à une échelle humaine par la gnose). On peut donc volontiers parler de dipôle magnétique. Mais c’est là un terme scientifique qui ne représente pas toute l’ampleur du phénomène…

Si je n’ai jamais bénéficié d’une capacité de concentration (tournée vers l’extérieur) soutenue durant l’enfance, je peux dire en revanche que j’ai développé une importante capacité d’insight ou autrement dit d’introspection (tournée vers l’intérieur), qui est une aubaine pour travailler sur les strates subtiles.

Je ressens clairement le besoin d’être accompagnée dans ce domaine (il aurait été surprenant que je défende l’inverse), car il s’est avéré à plusieurs reprises que je ne maîtrisais pas bien l’énergie (et non « mon énergie », puisqu’à l’échelle transpersonnelle nous découvrons que nous sommes avant tout des canaux – émetteurs-récepteurs – de l’énergie universelle subtile, qui n’est par déduction guère statique mais libre ou mobile) qui se déploie de façon récurrente et débordante dans mon aura et qui renforce l’effet de répulsion/attraction dans ma relation au monde et aux autres, comme une intense magnétisation.

1er mars 2021

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